L'empreinte écologique du numérique

On dit parfois que le numérique serait un monde virtuel, mais il repose bel et bien sur une colossale infrastructure physique : des serveurs, des datacenters, des câbles sous-marins, sans compter les terminaux (ordinateurs, smartphones, tablettes...), tout ceci consommant beaucoup d'énergie et aussi pas mal d'eau.

Le numérique représente 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales en 2022 et ce secteur est en forte croissance. C'est donc 2 Gt (giga tonnes) de GES émis chaque année par le numérique, soit 2 fois plus que le trafic aérien. 44% des émissions du numérique sont dues à la fabrication des terminaux, centres de données et réseaux et 56% à leur utilisation (flux de données).
La vidéo en streaming fait 300 Mt de CO2e, soit l’équivalent du bilan carbone de l’Espagne.
Les vidéos porno représentent 80 Mt CO2e au sein des émissions de la vidéo, soit l’équivalent du bilan carbone de la Roumanie.

Amazon représente à lui seul 70 Mt CO2e, soit par exemple l’équivalent de 2 fois les émissions annuelles de la Bolivie ou encore 20% des émissions territoriales annuelles de la France
Le ciment représente à lui tout seul 2,5 Gt, en additionnant l’énergie nécessaire à sa production et la production de CO2 inhérente au processus chimique, soit à lui tout seul 5% des émissions mondiales
Le textile (vêtements et chaussures) fait 4 Gt, soit quasi autant que toutes les émissions de l’aviation, du maritime et des transports routiers de marchandise. Secteur en forte croissance d’émissions.

(Pour information, les émissions carbone de la France, donc hors importations, sont de l'ordre de 400 Mt CO2e)

Et ce site, quel impact a t-il ?

Eh oui, parler climat, c'est bien, mais connaître son impact, c'est essentiel : l'impact de ce site lui-même et celui de l'internaute qui le consulte.

Ecoindex

EcoIndex est une initiative française qui permet de prendre conscience de l’impact environnemental d’internet et de proposer des solutions concrètes. À l’origine, EcoIndex.fr est un service en ligne conçu et proposé par Frédéric Bordage (GreenIT.fr) et réalisé par Gwenael Chailleu et Thomas Samain de la société Nxtweb.

La performance environnementale d'un site est représentée par un score sur 100 et une note de A à G (plus la note est élevée, mieux c’est !).

Le score de ce site est de 75/100, classé B selon ecoIndex :

En cliquant sur le lien "Ecoindex" ci-dessus, vous accéderez à tout un tas d'information complémentaires.

Dans le cas de ce site, c'est le poids des images qui entraîne la cotation en B. Je n'ai pas encore trouvé la méthode ad'hoc pour toutes les remplacer par des images moins lourdes mais j'y travaille ;)

Propulsé par Webador

Webador est un logiciel de création de site web originaire des Pays-Bas, issu d'un projet étudiant de Wouter Twisk (CEO) et Roel van Duijnhoven (CTO) qui se sont rencontrés en 2006 à l'Université de technologie d'Eindhoven.

Le site revendique le respect des règles du RGPD ainsi qu'un hébergement en Europe.

Selon le site indépendant EXPERTE.com, les serveurs de Webador fonctionnent à 100 % avec de l’énergie durable, ce qui rendrait les sites hébergés neutres en carbone. Webador n'est malheureusement pas en mesure de fournir plus de détails sur ces assertions.

 

Le mode sombre

Le mode sombre, qui consiste à privilégier les couleurs sombres et le noir dans l'affichage sur le terminal, peut avoir un impact sur la consommation du terminal utilisé (ordinateur ou smartphone), mais de manière limitée.

  • Sur écran OLED ou AMOLED, chaque pixel génère sa propre luminosité et un pixel noir est donc éteint, ce qui signifie qu'il ne consomme pas d'énergie. Ceci étant, les études montrent que le gain sur la consommation globale du terminal reste faible, de l'ordre de 3 à 9% d'économie d'énergie en utilisation réelle.
  • Sur écran LCD, c'est le rétroéclairage qui donne globalement à l'écran sa luminosité, et il ne dépend pas de la couleur des pixels. Le mode sombre est donc d'un impact quasi nul sur la consommation.
  • Il s'avère qu'avant la couleur des pixels, c'est le niveau de luminosité de l'écran qui détermine la consommation. Réduire la luminosité ou utiliser un mode adaptif peut être efficace dans ce sens.
  • En règle générale, dans les référentiels d'écoconception, le mode sombre n'est pas considéré comme le levier prioritaire. C'est l'optimisation des contenus et l'allègement des pages qui ont les effets les plus significatifs.

Sources : Echelog.com