Le jour où l’électricité renouvelable a dépassé l’électricité fossile

Publié le 15 juin 2026 à 10:39

L'électricité renouvelable devient compétitive face à l'électricité fossile

« Qui aurait pu prédire » ? Alors que tout le monde pensait que notre économie ne pouvait continuer dans son modèle capitalistique dominant sans pétrole, sans gaz, ou sans charbon, voilà que désormais l’électricité produite à partir du solaire et de l’éolien est devenue compétitive par rapport à celle produite à partir d’énergies fossiles.

A nouveau une belle illustration de mon précepte préféré « Sortir du cadre ». Ce n’est certes pas évident à faire tant notre cerveau est conditionné à raisonner dans des cadres établis, « toutes choses égales par ailleurs ». Notre cerveau et les marchés financiers, cela va sans dire.

Ainsi, dans sa chronique du 12 juin 2026 publiée dans Actu Environnement, l’économiste Christian de Perthuis parle de point de bascule : le jour où l’électricité renouvelable est devenue compétitive face à l’électricité fossile. Et d’ajouter : « Le mouvement de sortie du fossile est désormais engagé pour de bon car il repose sur de nouveaux fondamentaux économiques. ». Bigre.

Point de bascule

C’est un constat qui s’impose à nous en toute discrétion, c’est le moins que l’on puisse dire, mais c’est révolution complète dans nos modèles économiques : alors que tout le monde était convaincu – ou faisait comme s’il l’était – qu’il n’y avait pas d’économie sans pétrole et que les énergies renouvelables étaient une punition, un luxe plus ou moins écolo-bobo-gaucho, une gentille utopie, BIM !, ce n’est pas (plus) le cas.

Oh je ne suis pas naïf. Déjà, qu’une telle information ne fasse pas la une des médias peut être pris en soi comme un indicateur du fait que la bataille idéologique du pétrole n’est pas finie. Ensuite, il va encore rester tous les arguments tarte-à-crème : « ça tue les oiseaux », « c’est moche », « ça défigure nos paysages », « ça fait des black-out », « quand y a pas de vent la nuit, je pédale dans ma cave ? », etc. etc.*

Alors qu’avec nos bonnes vieilles énergies fossiles, les incendies, les inondations, les sécheresses et la désertification, la destruction du vivant, les ruptures d’approvisionnement géopolitiques, les fluctuations inconsidérées des cours qui enrichissent les multinationales pétrolières et appauvrissent les peuples et les nations, les inégalités, le subventionnement de régimes politiques pas toujours bienveillants, tout ceci n’est pas bien grave, n’est-ce pas ?

 

Des modèles économiques qui commencent à frémir

Mais soyons optimistes : même si l’information de la compétitivité n’est pas à la une des médias, nul doute que les marchés sauront s’en emparer. C’est déjà le cas d’ailleurs, notamment au travers des chiffres de l’autoconsommation collective photovoltaïque. Selon Observ’ER et son baromètre FNCCR-ADEME 2025, « À la fin du troisième trimestre 2025, l’autoconsommation collective avait séduit 14 521 acteurs, et 1 343 opérations en fonctionnement étaient recensées en France métropolitaine. ». Un modèle que beaucoup pensaient utopique. Et les chiffres montrent que ce n’est qu’un début, à condition que la réglementation ne vienne pas contrarier les dispositions actuellement en place.

Autre exemple de l’attractivité des modèles économiques du solaire électrique, l’agrivoltaïsme atteint 2,2 GW installés ou en projet à fin 2025 (Observ’ER, ADEME).

Jean-Luc Dupont, président de la FNCCR, relève qu’« À ce jour, plus de 150 entreprises publiques locales sont dédiées à la production d’énergie renouvelable. Dotées d’une capitalisation cumulée de plus de 950 millions d’euros ». Avec près d’un milliard d’euros, impossible de prétendre qu’il n’y a pas de réel modèle économique soutenable des EnR électrique.

Mais cette compétitivité demeure fragile : incertitudes liées aux évolutions réglementaires et politiques (notamment en France où la question des énergies est emparée par les courants politiques comme enjeu électoral), incertitudes liées aux marchés internationaux d’approvisionnement (panneaux, turbines, cartes numériques, …), incertitudes (en France) sur la trajectoire d’électrification des usages.

L'économie déteste l'incertitude !

 

* tout ceci bien entendu étant parfaitement objectivable et objectivé et ne résistant pas à un examen équilibré des analyses.

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.