Ce mois-ci dans l'excellent Maisons & Travaux, je tombe sur un article qui nous parle d'une "tiny house XL". Hun hun... Mais, heu... "tiny", ça veut pas dire minuscule ?
Donc là, du minuscule, mais XL hein.
Small is it really so beautiful ?
Mais voyons voyons, on nous aurait pas déjà fait le coup du "small is beautiful mais pas trop small quand même" ?
Mais si, bien sûr ! Et cette Mini Countryman : "le Mini taille XL" titre le site caradisiac.fr. N'est-elle pas croquignolette ?
Et cette Fiat 500 L (lââârge) et 500 X (suuuper lââârge) ? Nice, isn't it ?
Mais qu'est-ce que cet oxymore "petit mais XL" dit de nous ?
Très directement, on associe la mignonnerie du petit, du mini, bref, de mon chaton en en-tête de ce post, au confort et à la sécurité d'avoir de l'espace. Sans doute un peu aussi à une forme de signe extérieur de richesse, voire même de puissance. Une grosse voiture, une grande maison, un grand bureau (tellement ancré dans les esprits que plus on est chef et plus on a un grand bureau que c'est en banal), un gros flingue, ...
A l'inverse, une petite voiture va avec jouet, enfant et... femme. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les suggestions Google.
On dirait bien que "petite voiture" et "homme" sont des mots qui ne vont pas bien ensemble. Heu... sans parler que "petite" et "homme" sont deux mots tout court qui ne vont pas mais alors pas du tout ensemble, lol. Ah tient, faites moi penser de poster un jour sur les valeurs du virilisme et sur celles du féminisme et des luttes queer vs l'écologie.
BREF !
Si certains ont du mal avec ce qui est petit, c'est donc avant tout une construction culturelle. C'est aussi une réalité économique : les constructeurs automobile gagnent davantage avec les SUV qu'avec de petites voitures (du moins jusqu'à présent mais la donne est-elle serait-elle en train de changer ?).
Pareil pour l'immobilier. Charlotte Perriand était arrivée à la conclusion que la surface minimum pour vivre décemment doit être de 14m² par habitant. Mais selon l'excellent site statistiques.developpement-durable.gouv.fr, en 2020 "Les ménages disposent en moyenne d’une surface de 51,2 m² par personne (49,7 m² en 2013). Cette surface disponible varie avec l’âge de la personne de référence, allant de 35 m² pour les 30-39 ans, à 71 m² pour les 75 ans et plus."
Ca fait quand même en moyenne presque 4 fois plus que ce qu'estimait Charlotte Perriand... Et, paradoxe, plus on est vieux et plus on occupe d'espace, 5 fois plus !
Et dans le même temps, on se lamente sur la consommation d'espace et sur le coût de l'immobilier devenu inaccessible.
Attention, voilà un de mes gimmicks préférés qui arrive...
MAIS A QUI PROFITE LE CRIME ?!
Hé oui, cette propension à s'endetter pour la vie pour acquérir 4 fois plus de surface qu'il n'en faudrait est-elle une propension naturelle de l'humain à se tirer une balle dans le pied ou bien ne serait-elle pas un peu téléguidée par des intérêts économiques, ceux de l'immobilier dans le cas présent. A méditer, donc.
NDR : je ne critique pas les produits présentés dans cette page, ne nous méprenons pas. Je les utilise comme exemples du paradoxe qui associe l'image mignonette du petit avec la praticité du grand.
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